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La Réunion – Les migrants sri-lankais remis en liberté

La Cour d’appel a ordonné la remise en liberté des quatre-vingt trois migrants sri lankais. Soixante
d’entre eux avaient été embarqués dans un vol spécial à destination de Colombo, Sri Lanka.

Décidément, le dossier des cent vingt migrants de Sainte-Rose était encore loin d’avoir livré toutes ses surprises… Alors qu’on se dirigeait vers une forme de sortie de crise avec l’épuisement des voie de recours et le réacheminement au pays de la plupart des ressortissants sri-lankais arrivés le 13 avril en provenance d’Indonésie, un énième rebondissement est intervenu, avant-hier.
Tout a commencé tôt avant-hier matin, avec l’affrètement par la préfecture d’un avion de la compagnie Air Seychelles à destination de Colombo, capitale du Sri Lanka. À son bord, soixante migrants sri-lankais, dont trois femmes et trois enfants, et une escorte de soixante deux policiers et gendarmes. Leur demande d’entrée au titre de l’asile refusée, et leur recours devant le tribunal administratif rejeté, ces «non-admis» semblaient donc tout à fait «réacheminables» au sens de la loi.
Mais cette opération «retour au pays» a pris une tournure particulière alors qu’est tombé, avant-hier en début d’après-midi, un arrêt de la cour d’appel pour le moins inattendu.
Pour rappel, le juge des libertés et de la détention avait accédé, vendredi soir, à la demande de prolongation du maintient en zone d’attente des quatre vingt trois Sri-Lankais ayant fait l’objet d’un refus d’entrée. Mais les avocats de la défense ont interjeté, sans grand espoir, appel de cette décision. Il faut dire que huit jours plus tôt, alors que les JLD avaient ordonné la libération des cent vingt migrants, la cour d’appel avait infirmé la décision et renvoyé les migrants en zone d’attente. Mais ce coup-ci, c’est l’inverse qui s’est produit…
Jugeant l’appel «recevable et fondé», au motif qu’il manquait un document important dans la requête de l’administration (le registre de la zone d’attente), la cour, qui a examiné le dossier dimanche, a infirmé la décision du premier juge et ordonné la remise en liberté des quatre vingt trois… Un délibéré rendu à 14 h avant-hier alors que, trois heures plus tôt, le charter décollait de Gillot avec soixante d’entre eux.

Dans la précipitation
«Ça peut paraître cynique, mais l’appel n’était pas suspensif et l’administration n’était pas tenue par le calendrier de la juridiction», a expliqué avant-hier Me Jean-Alexandre Cano, l’avocat mandaté par le ministère de l’Intérieur.
«Le cirque de ce matin (hier matin, NDLR), l’embarquement au petit matin de soixante migrants, était une énième irrégularité imputable à Monsieur le Préfet», s’est indigné de son côté Me Yannick Mardenalom, avocat des migrants. «Dimanche, j’ai plaidé pour quatre vingt personnes sur le sol réunionnais, la moindre des choses c’était d’attendre la décision de la cour. Au lieu de ça, on exfiltre soixante personnes dans la précipitation. À 14h, ils étaient censés être libres et sur le territoire français», estime l’avocat dionysien.
La colère est d’autant plus amère dans le camp des défenseurs des migrants que quatorze requêtes avaient encore été déposées avant-hier midi devant le tribunal administratif en contestation du refus d’entrée. Des requêtes qui seraient «tardives» au sens de l’administration, mais qui, selon la défense, s’expliqueraient par des notifications du
refus d’entrée elles-mêmes tardives.
Du coup, les avocats cherchaient à savoir avant-hier qui, précisément, était monté dans cet avion.
 © JIR

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