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VOHÉMAR – Un trafic de drogue dure se vérifie

Les moteurs du hors-bord hyper puissant utilisés par les trafiquants.

Un pan de voile a été levé sur la découverte d’une vedette bimotrice découverte récemment au large de Vohémar. Un trafic de drogue dure se confirme. Enquête.

Crime transfrontalier. La gendarmerie est sur la bonne piste dans son enquête sur la découverte d’une vedette abandonnée, baptisée Bras d’Eau, le 20 février, à Nosibe-Maintialaka, dans le district de Vohémar. L’embarcation bimotrice d’une puissance de 500cv avait été utilisée par des trafiquants de drogue dure mauriciens. La contrebande pourrait également impliquer des simples citoyens et des fonctionnaires malgaches. D’après des renseignements officieux, un habitant d’Andranomasi-kely I a parlé avec les Mauriciens, actuellement recherchés pour immigration clandestine, le matin du 18 février. Ils comptaient le payer pour une promenade et voulaient qu’il les ramène en vedette sur l’île Nosibe-Maintialaka.
« J’ai rencontré deux hommes [ndlr : des Mauriciens], ce jour-là, vers 10h, près de la chambre Coco plage. Ils étaient à bord d’un 4×4, un Rexton blanc. Ils m’ont prié de les transporter en bateau à Nosibe. Je suis allé me préparer et rassembler l’équipement. Puis, à mon retour, je les ai vus embarqués par [ndlr : une autre personne, un pêcheur]. Ils étaient déjà loin au milieu », explique-t-il à des sources hyper confidentielles. « Leur chauffeur malgache restait à Vohémar. Il m’a dit qu’ils étaient pressés et devaient trouver quelqu’un d’autre », ajoute le témoin.

Un montant

L’enquête judiciaire a donc été dirigée contre celui qui a conduit les passeurs de drogue jusqu’à l’îlot. Il a été soumis à une série d’interrogatoires. Il aurait avoué avoir raccompagné à Nosibe deux parmi les occupants de la voiture. Ils devaient y récupérer trois individus qui étaient à bord de la vedette Bras d’Eau. « Sur le chemin du retour, j’ai été menacé avec une arme à feu. Ces gens-là m’ont interdit d’accoster une plage fréquentée. J’ai dû m’arrêter à Ambavan’Iharana. J’ai vu quelques sacs à dos qu’ils portaient, mais j’ignore ce qu’ils contenaient », selon les explications du premier suspect tirées auprès des sources fiables.
« Je m’inquiète beaucoup pour ma vie et c’est pour cela que je n’ai pas dit la vérité dès le début. Ces hommes ont pris ma photo et celle de ma fille. Ils ont menacé de nous tuer si on essaie de dévoiler quoi que ce soit », exprime-t-il. Il est actuellement en garde à vue. « Un montant de soixante-dix mille ariary lui a été envoyé par mobile money pour accueillir les Mauriciens. Il les a emmenés chez sa compagne pour se changer. Puis, ils ont pris une voiture…Une autre somme de six-cents mille ariary a été relevée dans son solde qu’il aurait dû donner à ces contrebandiers. Et enfin, un appel entrant depuis Maurice a été enregistré dans son historique d’appels », a-t-on confié.
Cet élément maître, objet de l’enquête, a révélé qu’un douanier à Vohémar avait les photos de trois hommes à bord de Bras d’Eau. Le fonctionnaire a à son tour riposté qu’il les a reçues de son collègue à Nosy Be Hell-ville, car le trio était en panne. La gendarmerie a récupéré les photos qu’elle a ensuite publiées dans l’avis de recherche. Ces trois personnes sont Jean Patrick Victoire, Jean Daniel Victoire et Esperando Beeharry, tous des habitants de Trou-d’Eau-Douce, à Maurice.
Des consignes sont parvenues à l’équipe judiciaire suivant lesquelles les fonctionnaires soupçonnés doivent être enquêtés. Ainsi, le motif du récent déplacement des douaniers d’Antananarivo dans la Sava sera impérativement identifié. De son côté, l’adjoint au commissaire de police (DCP) Choolun Bhojoo, chef de la brigade anti-drogue mauricienne, a débarqué à Antsiranana et vu le directeur régional de la sécurité publique de Diana, le commissaire de police Joël Rabearivony. Il s’est ensuite renseigné auprès du coordonnateur de lutte contre les stupéfiants de la gendarmerie nationale. D’après lui, l’affaire semble suspecte car deux bateaux ont été localisés à travers un appel de détresse. Pourtant, l’un seulement a été secouru. À l’en croire, celui qui a lancé l’appel est une vedette opérant dans des trafics de drogue.
Le radar des autorités portuaires de Maurice a repéré les deux bateaux lors d’un appel de détresse, le 5 février, envoyé par Sea Fishing Sport. Celui-ci aurait subi une panne de moteur et est parti en dérive. La région Sava a reçu son information tardivement, le 11 février. Remorqué depuis près de l’île Tromelin par un navire cargo en direction de l’Emirat arabe, il est arrivé à Antsiranana, le 13 février, avec quatre occupants. Ces derniers sont Louis Hemsley Lim Sik Fang, Jean Anuel Anthony Rosette, Beerbul Yash et Benzy Bontemps. Ils ont été rapatriés avec un vol d’Ewa Air, à destination de La Réunion. Or, les autorités mauriciennes s’apprêtaient à les arrêter.
Le second bateau identifié par le radar était celui qui a été retrouvé au large de Vohémar. Il avait à son bord Jean Patrick Victoire, Jean Daniel Victoire et Esperando Beeharry. Ils demeurent en cavale.

 

1 commentaire

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  • Résumons:
    Nous avons un Bateau en panne au large de Tromelin, remorqué, sans histoire.
    Et un bateau en PANNE à Nosy Be. Vu le manque d’entretien de tout à Madagascar, rien d’étonnant pour la panne.

    A partir de là, un Malgache qui invente n importe quoi, du bla bla comme d habitude.
    A quel moment serez vous Normaux. Vous ne ferez pas venir les Touristes en les soupçonnant sans arrêt !
    Les Touristes vous laissent leur argent…et pas l’inverse.