Accueil » Editorial » Riz publique
Editorial

Riz publique

Pourquoi importer du riz pour réguler le marché et faire baisser le prix? À en juger la quantité de riz sur le marché on peut en conclure que la production locale pourrait suffire pour satisfaire la demande. C’est d’autant plus vrai qu’avec le prix affiché par les détaillants, la majorité des consommateurs ne mangent plus à leur faim et choisissent de prendre du riz entre le déjeuner ou le dîner. En tout cas, le riz n’est plus possible qu’une fois par jour avec une quantité limitée. Ce qui réduit considérablement la consommation totale de la population et le besoin du marché. Cela fait donc longtemps qu’on a perdu le titre de champion du monde de la consommation du riz.

Au lieu d’importer du riz de luxe et de faire vivre les paysans chinois, vietnamiens, indiens ou indonésiens, on peut importer sur place et donner un coup de pouce aux riziculteurs de Mangamila, Marovoay, Morondava, Alaotra, Fenoarivobe, Manalalondo…. On fera d’une pierre plusieurs coups. Et d’un on ménage les finances de l’État , et de deux on soigne la balance de paiement, et de trois on aide les producteurs au lieu de procéder à des cultures expérimentales sans lendemain de nouvelles variétés de riz ou de nouvelles techniques de culture.

L’État a déjà tenté l’expérience lors du Vatsy Tsinjo en achetant les légumes des paysans d’Ambohibary ou les brèdes des cultivateurs d’Atsimondrano. Pourquoi ne pas renouveler l’expérience avec le riz?

C’est une idée à creuser qui a plusieurs avantages. On n’aura plus besoin de contrôler le prix qui sera vendu à 1 500 ariary le kilo. Le prix sera donc uniforme quelle que soit la variété de riz. Il reste à construire des routes pour acheminer la production. Il faut savoir qu’il existe des régions productrices de riz ou le rendement atteint 8 tonnes à l’hectare mais qui sont complètement isolées.

Si toute la production de riz peut-être mobilisée, il va falloir revoir les chiffres entre la production locale et le besoin du marché. Déjà en constatant cette profusion de riz sur le marché, on a l’impression que les statistiques publiées ici et là ne reflèteraient pas la réalité. Il y en a certains qui ont intérêt à importer des quantités massives. Or, on voit bien que la quantité importée impacte peu sur les prix. Le prix est fonction d’autres facteurs qui n’ont rien à voir à la loi du marché. Eh oui, l’histoire a montré que le riz a toujours été un allié fidèle de la politique. On dit le riz publique non?

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Voir aussi