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Consommation – Le riz inonde le marché partout

Le  riz  se  trouve  en  abondance  chez  le  détaillants.

Tous les marchés de détaillants et de grossistes sont bien approvisionnés en riz. Les consommateurs ont un large éventail mais le pouvoir d’achat limite le choix.

Non il n’y a pas de crise de riz. On peut en trouver partout, à tout moment. Il n’y a pas l’ombre d’une pénurie. Au contraire, les consommateurs ont l’embarras du choix devant les variétés proposées aussi bien par les grossistes que par les détaillants. Il n’y a pas non plus de rationnement comme à l’époque de la grande crise du riz en 1982 qui marque à jamais l’administration Ratsiraka.

En principe, l’abondance de riz sur le marché devrait faire baisser le prix selon la loi de l’offre et de la demande. C’est d’autant plus vrai que le pouvoir d’achat dérisoire des consommateurs devrait inciter les commerçants à adopter un prix plafond. Ce qui n’est pas le cas. Le prix du riz ne cesse de grimper ces derniers jours et au jour le jour. Hier, chez des détaillants le kilo du Vary gasy ou du makalioka oscillait entre 3000 et 3200 ariary. Il y a quelques jours les prix étaient encore à 2800 ariary le kilo. Un niveau déjà hors de portée de la majorité des consommateurs.

L’État a décidé d’intervenir en essayant de contrôler le circuit du riz et de dénicher l’origine de la hausse en attendant de pouvoir mettre sur le marché un stock régulateur.

Le Premier ministre a annoncé que le kilo de riz sur le marché ne devrait pas dépasser 1750 ariary. Une mesure qui n’a pas été suivie par aucun détaillant et qui a été finalement réservée au riz importé par l’État. Les grossistes et les détaillants manient le prix à leur guise sans être inquiétés le moins du monde.­Une hausse exorbitante et régulière que le contexte est loin de justifier.

Hausse injustifiée

Certes, on est au mois de janvier donc en période de soudure mais il n’y a eu ni inondation ni coupure des voies de communication susceptible de compromettre la production ou l’acheminement des marchandises dans la capitale ou ailleurs.

« Ce sont les grossistes qui augmentent le prix. Nous ne faisons que suivre la tendance », se défendent en chœur les détaillants du marché d’An­dravoahangy, Mahavoky, Besarety, Anosikely. Les prix augmentent ici de 50 ariary par semaine.

Pointés du doigt, les grossistes rejettent la faute aux producteurs. « Les paysans producteurs ont la clé de la situation. Ils ne donnent pas la quantité voulue par les collecteurs par crainte d’une mauvaise récolte avec la faiblesse de la pluviométrie. Du coup, les grossistes sont obligés de majorer le prix pour amortir le coût de revient », argumente Njaka, grossiste au marché d’Anosibe.

Ce qui est certain c’est qu’il n’y a rien à craindre quant à la quantité de riz local disponible. « Il y assez de riz venant d’Ambatondrazaka ou de Tsiroanomandidy pour approvisionner le marché de la capitale. Et comme les consommateurs ont réduit leur quantité, il n’y a aucun risque de pénurie. En revanche, le temps d’écoulement du produit devient plus long. Ce qui explique également la hausse du prix puisque l’investissement met du temps à être rentable », révèle de son côté Rason, un autre grossiste du marché d’Anosibe.

Des explications valables certes mais qui ne masquent pas la grande spécu­lation autour du riz devenu produit éminemment politique. Selon des sources dignes de foi, beaucoup de détaillants à Ivato et à Atsimondrano n’ont pas voulu distribuer le Vary Tsinjo de l’État vendu à 1500 ariary le kilo. On ignore pour quelle raison alors qu’ils ont la même marge qu’avec les autres variétés de riz. Là se trouve peut-être le noeud gordien qu’il faut trancher pour dénouer tout le problème.

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