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Découverte – Madagascar au fil de l’eau

La carte fluviale de la Grande ile.

Madagascar est une île très arrosée grâce à ses fleuves et rivières. Hormis le long ruban rectiligne des Pangalana, ils ont un parcours variables, des plus sereins aux plus tourmentés. Mais la plupart permettent une descente calme, parfois sinueuse, de leur cours, à travers des paysages très attrayants et avec comme escale des villages pittoresques et hospitaliers. C’est par cette découverte de la Grande île que Tom Andriamanoro ouvre sa première chronique hebdomadaire de l’année 2021.

Des fleuves et des rivières de Madagascar sont devenus de grands classiques rarement oubliés des voyagistes. C’est le cas du Manambolo dont la descente groupée s’effectue en canoë, ou de la Tsiribihina parcourue par les chalands, dont beaucoup se sont reconvertis au transport des touristes. On pourra également y ajouter le long ruban rectiligne du Canal des Pangalanes. Mais il existe d’autres parcours, des plus sereins aux plus tourmentés qui, à leur façon, contribuent à faire de la Grande Île une très intéressante destination pour les amateurs de sport d’eau.

Dans le Sud, le Mangoky qui prend sa source en pays tanala et se jette dans le Canal de Mozambique, un peu au nord de Morombe, est peut-être l’une des plus belles rivières du pays. L’accès n’est pas des plus aisés avec préalablement quelque 250 kilomètres de piste. Mais la navigation elle même est des plus atypiques avec des embarcations à deux coques formant une sorte de catamaran rudimentaire.

Entre Fianarantsoa et Manakara, le Faraony permet de concocter un combiné rail-eau pour qui dispose de quelques jours à passer hors du temps. Départ de Fianarantsoa à bord du légendaire petit train à grande vibration et terminus à

Manampatrana où, jadis, les gamins proposaient des martins pêcheurs aux voyageurs. Le Faraony est un long fleuve tranquille malgré quelques rapides jalonnant la descente à certains endroits. Sur les rives, des chercheurs d’or fouillent obstinément le sable avec des pelles au manche démesuré. La chance se rêve toujours et se rencontre parfois…

En plein Pays des Brumes, dans le Parc de Ranomafana, existe un autre mode d’observation de la forêt. Il est offert par la gentille petite rivière Andrandroa, un affluent de la Namorona. Quelques heures de flânerie suffisent pour s’y convertir pour de bon à la couleur écolo. On y croisera des lémuriens timides aux antipodes des Sifaka sauteurs de Berenty habitués à évoluer devant les caméras…

Mais que l’on vous présente le Maningory, né sur les Hautes Terres et pressé de se jeter dans l’océan Indien quelque part au nord de Toamasina. Cette rivière très sportive qui rugit au cœur de la forêt de l’Est, trace son cours sur une quarantaine de kilomètres à effectuer en deux jours : vagues et écumes impressionnantes, descente bien sécurisée en raft pendant laquelle il arrive aux barreurs d’inviter les participants à négocier avec eux les seuils et les rapides, bivouac en bordure de forêt loin de l’artifice des stations balnéaires et des cars climatisés, saine fatigue et émotions fortes garanties…

Facilement accessible à partir de la capitale par la RN1, la Lily dans la région des volcans éteints de l’Itasy offre aux sportifs des conditions idéales durant toute la saison des pluies. La descente se fait généralement en deux parties, d’Ampefy aux premières chutes de la Lily, et des deuxièmes chutes jusqu’à Babetville-Sakay. Une distraction des paysans est de se poster aux passages les plus diffi­ciles, guettant dans une ambiance bon enfant que des imprévus précipitent dans les flots bouillonnants les navigants heureusement bien protégés par leurs casques et leurs gilets.

Concernant le kayak de mer, des rameurs suédois ont déjà exploré le potentiel des îles du Nord-Ouest. Mais un exploit inégalé jusqu’à ce jour est celui du Sud-Africain Riian Manser qui réalisa un tour de Madagascar en solitaire d’août 2008 à juillet 2009. Cinq mille kilomètres à la seule force du mental et des poignets, « agrémentés » d’incidents de parcours comme lorsqu’il fut arrêté car pris pour un mercenaire, ça ne peut s’oublier.

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