Economie

Télécommunication – Un duopole envisagé sur la fibre optique

Christian Ramarolahy tient bon malgré tout.

La libéralisation de la fibre se concrétise. Seulement, c’est un marché semi-ouvert qui est proposé aux opérateurs.

Le monopole s’effrite. Telma ne sera plus, désormais, le seul maître à bord du marché de la fibre optique sur le territoire national. Un décret du ministère des Postes, des Télécommunications et du développement numérique (MPTDN) en date du 3 décembre 2019 annonce la possibilité de l’ouverture de ce marché à d’autres opérateurs. Selon le MPTDN, « afin de garantir une meilleure qualité de service et permettre la mise en place d’une saine concurrence, les opérateurs titulaires de licence de télécommunication sont autorisés à construire des liaisons nationales sous conditions limitant le nombre d’opérateurs à deux pour le seuil de vingt-cinq millions d’habitants et trois opérateurs pour le seuil de cinquante millions d’habitants ».

La règle de gestion spécifique de la fibre optique limitera donc l’ouverture du marché à un opérateur autre que Telma si tant est que l’ouverture se concrétise effectivement. Les trois autres opérateurs à l’instar de Blueline, Orange et Airtel devront, ainsi, être sur le pied de guerre pour espérer décrocher le précieux et unique sésame que le ministère accordera après sélection des offres.

Saturation
« Ces trois opérateurs sont ainsi sur le même pied d’égalité car l’étude des critères de sélection est encore en cours au niveau des autorités » fait remarquer un responsable au sein du MPTDN. « L’État s’est engagé à concrétiser sa volonté de libéraliser le secteur des télécommunications mais, avec ces conditionnalités, afin d’assurer un équilibre sur le marché. La consommation en termes de connectivité internet via la fibre est encore faible. Ces conditions sont imposées afin d’éviter une saturation du marché et d’éviter en même temps des risques de pertes pour ces opérateurs », selon les explications émanant du MPTDN. Cependant, la fin du monopole signifierait une meilleure accessibilité pour toutes les bourses dans la mesure où, à force de concurrence, les offres seront de plus en plus abordables. En situation de monopole, les prix sont souvent sujets de tendance à la hausse. Une situation qui va à l’encontre de la politique de démocratisation internet véhiculée par les autorités.

Dans les îles voisines ou encore sur le continent, il y a des offres internet qui tournent autour de vingt à vingt-neuf euros. Avec la libéralisation de ce monopole, Madagascar pourra également bénéficier de ce genre d’offre.

Pour le moment, le coût de l’accès à la fibre reste au-dessus de la barre des deux cent mille ariary. Un luxe pour la plupart des Malgaches sans compter le faible taux de pénétration de l’internet au niveau national. Compte tenu du fait que la population avoisine présentement les vingt-cinq millions d’âmes, deux autres opérateurs devront alors attendre que la population se décuple pour espérer aller à la vitesse de la fibre.