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Perspectives 2020 – L’énergie et l’eau restent un énorme chantier

L’État a dû procéder à la réquisition des fournisseurs afin de faire tourner les centrales thermiques.

Dans son message de vœux à la nation, le président de la République Andry Rajoelina a reconnu que la Jirama était à genoux. Son redressement nécessite des efforts titanesques.

La Jirama est à genoux. Le constat est du président de la République Andry Rajoelina, lui-même. Il n’est pas allé par quatre chemins pour reconnaître l’évidence. L’électricité et l’eau ont constitué le calvaire de la population en 2019. Le délestage était permanent jusqu’aux dernières heures de l’année. Ce n’est pas le passage à l’année 2020 qui va le faire oublier. Les conditions et les paramètres n’ont pas changé. La Jirama reste criblée de dettes de ses fournisseurs en fuel pour faire tourner les centrales thermiques. Elle tourne grâce à des réquisitions de l’État contre les fournisseurs depuis plusieurs mois. Il y a un an, l’État annonçait une baisse des tarifs de l’électricité et voulait réviser le contrat signé avec les fournisseurs dans lequel la Jirama joue le rôle de dindon de la farce.

La tentative a été un échec, les fournisseurs sont restés inflexibles et exigent qu’on règle leur facture s’élevant à plus de 300 milliards d’ariary. Une somme colossale qui dépasse la trésorerie de la Jirama alors que l’État est tenu par les recommandations des bailleurs de fonds de ne plus subventionner les sociétés en difficulté. Ce n’est donc pas cette année que les choses vont revenir à la normale.

Calvaire
Des projets sont en cours à l’image du futur barrage hydroélectrique d’Ivolobe dans la région Atsinanana ainsi que la centrale solaire d’Ambatolampy mais ils ne seront pas fonctionnels à court terme. Pour alléger le problème, l’État propose des palliatifs à l’image des panneaux solaires à moindre coût lancés par le président de la République pour aider les foyers modestes. Mais cela ne résout pas le problème pour les sociétés et les entreprises confrontées à de graves difficultés. Il faut ainsi s’apprêter encore à passer une année avec le délestage comme partenaire permanent.

L’eau a été également un véritable calvaire pour la population en 2019. La vétusté du réseau de distribution de la Jirama, vieux d’un demi-siècle, l’insuffisance de la capacité de production de la station de Mandroseza qui alimente Tana et ses banlieues ont généré un véritable chaos. Des communes se trouvent privées d’eau depuis plusieurs mois. Alors que le président Rajoelina a promis dans ses velirano de l’eau potable pour tous, la situation de l’eau a complètement bousillé son plan. Une nouvelle station prévue pour être fonctionnelle fin août a été construite dare dare à Amoronankona mais des problèmes techniques ont sapé le projet. Du coup, l’État a dû procéder à des forages ou des distributions d’eau par citerne. Des solutions de fortune loin de pouvoir aplanir les difficultés de la population.

Les solutions à long terme sont, néanmoins, en cours à l’image de l’extension de la station de Mandroseza pour porter sa capacité de 40.000 à 100.000 m³ et satisfaire la demande. Les travaux prendront encore plusieurs mois. En attendant, on verra encore cette année les longues queues de bidons jaunes qui ont émaillé le quotidien des habitants de la capitale durant l’année écoulée.

Il faudra ainsi s’armer de beaucoup de patience et de courage durant une année où tout ne sera pas noté finalement vingt sur vingt.

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