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Chronique

Patrimoine culturel immatériel

Merci à Nosy Rabejaona, présente au Maroc, d’avoir attiré mon attention sur la 17ème session du Comité du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Elle y participe au titre de «Mamelomaso», qui est donc maintenant une ONG accréditée auprès de l’UNESCO. Pour mémoire, en 1997-2002, Mamelomaso avait mené une série de restauration des portes (Andranomboahangy, Miandravahiny, Amboara, etc.) sur la colline royale d’Ambohimanga Adoptée en octobre 2003, et ratifiée par 180 pays, la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel promeut la sauvegarde des connaissances et savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel. C’est pour cette raison qu’on distingue «Le savoir-faire des maîtres cubains du rhum léger», «Les savoirs-faire artisanaux et la culture de la baguette de pain» ou «La coutume du raengmyon de Pyongyang (nouilles froides)». Le savoir-faire des maîtres-rhumiers cubains est présenté comme une tradition qui remonte à 1862. La candidature précise que «le rhum n’est pas seulement un spiritueux, mais aussi une part importante de notre culture», «au-delà d’un ensemble de connaissances, une façon de vivre qui comprend un code moral (…) la culture du rhum cubain, son histoire, ses bonnes pratiques». Tandis que la technique artisanale autour de la baguette française participerait au «rayonnement du savoir-vivre à la française».

À propos des nouilles froides nord-coréennes, il est intéressant de noter qu’en 2019, le Cambodge souhaitait également que les nouilles khmères (Num Banchok) soient inscrites sur cette liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Un an auparavant, le Vietnam vantait son Pho (soupe de nouilles) : «symbole culinaire et même culturel du Vietnam», «ambassadrice de la gastronomie traditionnelle et séculaire vietnamienne», qui avait fait son apparition dans le dictionnaire Oxford, le 20 septembre 2007.

En novembre 2010, l’UNESCO consacrait le repas gastronomique à la française sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité. Et de faire pareil pour la bière belge, en novembre 2016. Pizza italienne, bière belge, nouilles coréennes : je plaisantais à peine quand j’avais lancé que «le plat national emblématique est en passe d’être la soupe chinoise de Tamatave» (Chronique VANF, 9 novembre 2017). Comme on la déguste désormais partout à Madagascar, peut-être pourrait-on lui créer une histoire humaine singulière (celle de l’immigration chinoise du début du XXème siècle et de sa parfaite intégration, d’abord sur la côte Est avant de s’étendre à d’autres régions de l’île), signaler la convivialité particulière autour d’une cuisine simple mais savoureuse. Raconter comme semblent toujours remplis les «Baguette dorée», «Dragon royal», «Rivière parfum», «Lotus écarlate», «Muraille d’Orient» et comment a opéré l’alchimie de ce softpower très sympathique. Voici la définition donnée par l’UNESCO : «Le patrimoine culturel ne s’arrête pas aux monuments et aux collections d’objets.

Il comprend également les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaire à l’artisanat traditionnel». À nous d’identifier ce qui, dans notre expression culturelle, mérite cette reconnaissance et cette consécration.

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