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Editorial

Face boxe

Deux faits ont failli mettre le feu aux poudres hier à cause des réseaux sociaux. D’abord une publication sur Facebook d’une vieille vidéo montrant un violent affrontement entre jeunes lycéens. Les interprétations ont très vite circulé comme quoi il s’agit du passage à tabac des élèves du lycée technique et professionnel d’Alarobia par leurs homologues du lycée technique professionnel du génie civil à Mahamasina. La colère est très vite montée à Alarobia où une partie des élèves a profité de la récréation pour descendre dans la rue avec objectif de rendre la monnaie de leur pièce aux agresseurs de Mahamasina. Le proviseur du lycée d’Alarobia a tout de suite alerté les forces de l’ordre. L’Emmoreg a dû ainsi intervenir dare-dare à Antanimena pour éviter le pire. Les deux lycées ont dû être fermés pour ramener l’ordre.

Une autre publication d’un célèbre journaliste à propos du traitement infligé par un médecin dans un hôpital public à un malade inconscient a également suscité une levée de boucliers sur les réseaux sociaux . Malgré la version du médecin incriminé qui est différente de celle du journaliste visiblement un peu assaisonnée, les commentaires ont mis les médecins dans le même sac et ils ont droit à un lynchage en bonne et due forme. L’attitude désagréable de certains médecins des hôpitaux publics, le mauvais accueil et traitement réservé à certains malades ont carrément éclipsé le dévouement et la grande volonté du personnel de santé dont beaucoup ont payé de leur vie, au plus fort de l’épidémie de coronavirus.

Personne ne voulait écouter les explications des médecins sur l’insuffisance de matériel et d’équipements dans les hôpitaux publics qui empêchent les médecins de faire le maximum. Le procès a été impitoyable en défaveur des médecins qui n’ont bénéficié d’aucune circonstance atténuante malgré certains témoignages qui relataient leurs prouesses dans des cas désespérés et dans des conditions précaires. Eh oui, les médecins tiennent du prodige tous les jours pour sauver des vies. C’est leur choix pour lequel ils ont prêté serment. C’est leur vocation pour laquelle ils se sont engagés corps et âmes sauf pour certains, des brebis galeuses qui ternissent souvent leur image.

Les réseaux sociaux constituent ainsi une arme à double tranchant pour la société. Ils permettent de révéler au grand jour tous genres d’abus, où qu’ils se passent et quel que soit le statut de leur auteur avec effet immédiat. Mais ils constituent également un réel danger pour la sécurité des gens quand la petitesse de certaines personnes l’utilisent pour cultiver la haine et répandre le mépris. Si rien n’est fait dans les meilleurs délais, les dégâts peuvent être incommensurables. Les accros des réseaux sociaux réfléchissent souvent moins et agissent vite. Les conséquences d’un tel comportement pourraient être regrettables surtout dans une foule où l’animalité l’emporte sur la pondération. Mark Zuckerberg a eu raison de changer Facebook en Meta. Certains étaient en train de le rebaptiser Faceboxe sans crier gare. Quelle audace.

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