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Editorial

Marchands de bonheur

Embellie passagère ou tendance qui s’inscrit sur la durée? L’euro a perdu pas moins de trois cent points face à l’ariary en quelques séances au Marché Interbancaire de Devises, MID. La monnaie européenne s’échangeait dans la bande des 4 800 ariary la semaine passée, pour retomber à 4 500 quelques jours plus tard. Alors, la question qui se pose vient d’elle-même. Est-ce les premiers effets bénéfiques ou psychologiques de la mise en place et la constitution de la réserve d’or au niveau de la Banque centrale? Alimentée par des « opérateurs anonymes triés sur le volet », dont les transactions sont exemptées de la TVA. Aucune certitude sur ce point.

La convertibilité de l’or reste à faire valoir depuis que le métal jaune a cessé d’être la monnaie étalon. Une place prise par le dollar américain depuis des siècles. Alors que sur le plan macro-économique, aucun motif valable ne peut justifier ce sursaut d’orgueil de l’ariary. Le ministère de l’Économie et des finances vient de se plaindre que pas moins de 3 000 entreprises exportatrices et importatrices se trouvent en mauvaise posture eu égard aux dispositions légales en vigueur sur le rapatriement de devises.

Le déficit se chiffre en millions de dollars. En outre, le Fonds Monétaire International, FMI, dans ses prévisions les moins pessimistes ou les optimistes, a misé sur une croissance négative de 3,8% de l’économie malgache pour cette année de gloire du coronavirus. Le FMI avec lequel le régime actuel ne se presse pas pour sceller un nouveau programme. Alors que le mandat présidentiel en cours s’achemine vers la moitié de son échéance finale. Dans ce contexte fait de doutes et d’incertitudes, sans phare comme guide, ni cap précis à atteindre, ce taux de change qui penche en faveur de l’ariary apporte plus d’interrogations que de réponses.

À l’image du tableau de bord économique et financier baignant dans le flou le plus total. À moins que les 511 tonnes de vanille envoyées sur le marché international au prix FOB de 250 dollars, une idée fixe du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat, ait contribué à cette performance inattendue de l’ariary sur l’échelle des valeurs. Il peut s’agir aussi des dividendes recueillis sur le tard des économies engrangées par les mesures de confinement consécutif à l’état d’urgence sanitaire. Ne serait-ce que la baisse conséquente du volume de carburant importé qui aurait pu diminuer le montant des factures pétrolières. La seule explication valable de l’épais matelas de réserve en devises, évoquée et invoquée par la dernière note de conjoncture de la Banque centrale.

Au bout du compte, qui peut se plaindre d’un ariary fort? Ce qui rendrait les produits made in Madagascar moins compétitifs sur le marché international. Le revers de la médaille. Ou comment rendre la monnaie de sa pièce à un… ariary.

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