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DROITS HUMAINS – L’experte indépendante préoccupée par la situation des albinos

Muluka-Anne Miti-Drummond (centre) lors de la présentation des observations préliminaires de sa fin de visite dans le Sud.

Après le constat sur terrain en fin de visite de l’Experte, l’accès limité à la justice a été parmi les points soulevés. Le renforcement de la protection des personnes atteintes d’albinisme a été souligné.

En visite officielle dans ce pays du 20 au 30 septembre 2022, Muluka-Anne Miti-Drummond, Experte indépendante sur la jouissance des droits humains par les personnes atteintes d’albinisme, partage ses préoccupations sur l’état des lieux du respect des droits des albinos. La visite s’est effectuée dans trois districts de la partie Sud du pays, dont Tolagnaro, Ambovombe et Amboasary, et dans la capitale. Les cas d’agressions et enlèvements interpellent l’experte. “J’ai pris mes fonctions en tant qu’Expert indépendant sur ce mandat en août dernier et peu de temps après, j’ai commencé à recevoir des rapports sur des agressions et des enlèvements de personnes atteintes d’albinisme, en particulier dans la région Sud de Madagascar.

Ma visite a donc été motivée par de sérieuses préoccupations suscitées par l’augmentation des cas d’agression au fil des mois. Mon mandat m’oblige également à évaluer la situation des droits de l’homme des personnes atteintes d’albinisme de manière holistique (…)”, indique Muluka-Anne Miti-Drummond, lors de sa présentation. En effet, le phéno­mène d’agression et d’enlèvement s’est amplifié ces trois dernières années. Selon l’état des lieux présenté à Andraharo, hier, trente-trois cas d’agression ont été enregistrés par la Gendar­merie entre 2020 et 2022, en plus des onze cas enregistrés par la Police nationale pour 2021 et 2022 et qui concernent pnncipalement des enlèvements ciblant des enfants.

Alarmantes

Les enfants ne sont pas les seules victimes des agressions. La plus jeune victime connue a environ 9 mois, tandis que la plus âgée a 72 ans. Si la plupart des agressions ont été signalées dans le Sud, un cas a également été rapporté dans le Nord, dans la Région Diana, ce qui fait craindre une reproduction des agressions dans d’autres parties du pays. Livrés à eux mêmes et vivants dans une peur constante, les albinos ne jouissent pas pleinement de leurs droits. Pour ne citer que, l’accès à la justice qui présente encore des lacunes. “Je suis préoccupée par la capacité de la police et de la gendarmerie à mener des enquêtes sur ces affaires de manière efficace (…). Beaucoup ont indiqué qu’il se basaient sur le pistage de trace de pas et la prise en flagrant délit des individus pour établir les condamnations. Je suis préoccupée par le fait que l’on se fie souvent aux aveux des accusés plutôt qu’aux preuves obtenues par les enquêtes appropriées”, enchaîne-t-elle. Les condamnations des agresseurs sont rares. “J’ai été informée qu’il n’y a que deux condamnations sur l’ensemble des onze affaires enregistrées auprès de la Police et des trente-trois affaires enregistrées auprès de la gendarmerie”, déplore-t-elle. Des recommandations ont été émises, notamment par rapport à la protection contre les agressions.

Il s’agit, de ce fait, de la mise en place des mesures efficaces pour les personnes atteintes d’Albinos soient à l’abri de toutes formes de violences a été sollicité par l’experte. “Dans les affaires concernant les personnes citées, veiller à ce que des enquêtes rigoureuses soient menées et conclues de manière accélérée afin que les auteurs de crimes contre les albinos soient poursuivis”, conclue-t-elle.

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