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Editorial

Grand écart

L’agence de recouvrement des avoirs illicites vient compléter l’arsenal de lutte contre la corruption à l’image du Bianco, du Samifin et du Pac. Ce n’est pas trop tôt. C’est peut-être le maillon qui manquait à la chaîne pour qu’elle soit efficace. Jusqu’ici le Bianco et le Samifin se contentent de bilan symboliques alors que le Pac semble agir selon la commande. Les auteurs de grands détournements qui ont défrayé les chroniques l’année passée sont restés à l’air libre. D’autres affaires ont disparu dans les couloirs de ces organes de lutte contre la corruption. On espère donc mieux de l’Arai.

La mauvaise répartition des richesses est la cause principale de la pauvreté en raison d’une corruption incommensurable. Comment les experts en économie peuvent expliquer l’essor exceptionnel de l’immobilier et la vente de voitures de luxe dans un pays dont le revenu moyen est de deux dollars par jour et dont 75 % de la population sont qualifiés par la Banque mondiale de pauvres?

La vente de ciment n’a jamais été aussi florissante malgré la hausse de prix de presque 100%.

Ailleurs un signe ostentatoire de richesse peut faire tout de suite l’objet d’une enquête. Ici les députés et les ministres ont beau faire une déclaration de patrimoine au Bianco après leur nomination mais ils ne sont pas soumis à cette formalité quand ils quittent le gouvernement au bout de quelques mois. La bonne gouvernance a du chemin à faire malgré l’existence de tous les organes nécessaires pour contrôler la gestion de l’argent de l’Etat à l’image de l’inspection générale de l’Etat, la Chambre des comptes, le contrôle financier. Hélas, ces organes manquent cruellement de moyen pour bien fonctionner et subissent parfois diverses pressions à l’instar des trois inspecteurs généraux de l’Etat sanctionnés pour avoir révélé des détournements de fonds spéciaux alloués aux communes en 2016.

Reste à espérer que l’Arai ne devienne un instrument politique pour spolier un candidat gênant ou pour anéantir un adversaire politique à l’image de la justice qui a du mal à travailler en toute indépendance. C’est effectivement le risque à l’approche des échéances électorales. Les contrôles fiscaux étaient mis à contribution en 2014 pour infléchir la position de certains députés qui n’étaient pas irréprochables du point de vue impôts et taxe.

Néanmoins, il faut bien s’occuper des biens mal acquis pour rétablir un certain équilibre, un minimum de justice et réduire l’écart social de plus en plus grand.

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