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Editorial

L’ariary en rase-motte

L’euro à 4500 ariary depuis la fin de la semaine. Mais qui s’en émeut. Pas d’inquiétude outre mesure pour ceux que cela intéresse. À part quelques activistes des réseaux sociaux qui sautent sur cette aubaine pour s’attaquer aux tenants actuels du pouvoir. Accusés de ne pas avoir une vision économique globale même sur le court terme. Et se consacrent à la lutte contre le coronavirus.

Certes une nécessité absolue, mais ils doivent aussi mesurer les conséquences économiques et financières des dispositions restrictives et rédhibitoires de l’état d’urgence sanitaire sur le plan macro-économique, soulignent ces détracteurs du régime. Qui insistent aussi que les réalisations aux quatre coins du pays sont à faible effet multiplicateur sur l’économie réelle.

Pour des spécialistes en la matière, plus posés et moins extrémistes dans leurs analyses, cette dépréciation continuelle de l’ariary étonne un peu. Car, à deux reprises le Fonds monétaire international, FMI, avec l’âme d’un parfait philanthrope, a mis le paquet par des aides financières consistantes destinées à remettre à l’endroit l’équilibre précaire de la balance de paiements. Ce qui soulève des interrogations sur l’efficacité de la thérapie proposée. Une tangente parmi les solutions avancées par le FMI. Cartésien dans ses logiques.

Ce qui renvoie à la déclaration ambigüe d’un haut responsable. Selon laquelle, une partie des « récoltes financières » acquises auprès des généreux donateurs, a été affectée à couvrir les salaires des fonctionnaires. Ouvrant au passage une brèche sur les ventilations précises et exactes de tout ce qui a été obtenu pour affronter l’ennemi invisible qu’est le coronavirus. Une faille dans laquelle des opposants et des membres actifs de la société civile s’engouffrent. Sans trop avoir de résultats concrets. À demimots, des diplomates ont abondé dans le même sens en souhaitant la transparence totale sur l’utilisation de ces millions de dollars.

Ceci étant, l’ariary perd de ses valeurs, d’une séance à l’autre au Marché interbancaire de devises, MID. « Dévisse » comme on dit dans le milieu. Pourtant, une monnaie faible, en temps normal, aurait été un atout pour les produits d’exportation made in Madagascar. Cela aurait été un coup de pouce au tourisme. La destination Madagascar étant plus coûteuse que les autres dans sa région, un euro fort aurait incité les éventuels visiteurs à faire un détour sur la Grande île. Ils auraient pu gagner aux changes.

Mais ce sont autant d’occasions ratées. Les « donneurs d’ordre » pour importer du textile et d’habillement en provenance de Madagascar, par exemple, sont aussi dans l’expectative. Ils attendent de voir un peu plus clair pour « recoudre » le tissu industriel malgache, parti en lambeau par des arrêts partiels de ses activités. Alors que partout dans le monde, à l’image de la France qui fournit le gros de la troupe des touristes attirés par les « endémicités » malgaches, il n’est pas trop indiqué de partir hors des frontières. Le tourisme national est très conseillé.

En fait, la chute libre de l’ariary sur l’échelle des valeurs du MID n’est qu’un aspect visible du désastre économique et financier qui se trame. Attention au retour « à l’anormale » pleine… d’anomalies.

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