Editorial

Diplomagie

Un demi-millier de faux diplômes en quelques mois au ministère de l’Éducation nationale. Et c’est le ministre qui a découvert cette monstruosité qui a été limogée au profit du titulaire au poste pendant cette période. Aussi curieux que cela puisse paraître, elle a été reconduite alors qu’elle a choisi d’être députée. Pour une évaluation au bout de six mois d’exercice, difficile de trouver mieux pour motiver un remplacement. Mais l’évaluation annoncée n’était que de pure forme à l’instar des fameux résultats rapides de l’administration Rajaonarimampianina où les gouvernements des premiers ministres Ravelonarivo et Olivier Mahafaly Solonandrasana ont été jugés performants malgré des prestations calamiteuses.

L’histoire est ainsi un éternel recommencement. Il n’y aura pas d’écrémage du gouvernement avant un an. Seul un ministre a plié bagage. Son évaluation a été vite faite à l’issue d’une prise de bec avec le Premier ministre où elle a montré beaucoup trop d’autorité et de personnalité frôlant l’insubordination.

Après son départ, il n’est pas sûr que les auteurs de faux diplômes soient dégagés, encore moins sanctionnés. On parle pourtant de réformes de l’éducation à travers le Programme sectoriel de l’éducation dont le point le plus accessoire, en l’occurrence le calendrier scolaire, fait le plus jaser. Difficile d’imaginer d’avoir des résultats probants dans de telles conditions. Mais quand on procède à un spoil system systématique sans autre considération que celle d’avoir servi les régimes précédents, on s’expose à une ruée de la médiocrité et de parvenus. On s’empresse à nommer ceux qui ont « lutté » lesquels n’ont d’autres atouts à faire valoir que l’antipathie contre la compétence. Résultats des courses, les nouveaux responsables nommés au niveau des Cisco et des Dren n’ont aucune maîtrise du PSE. C’est le constat accablant révélé lors de l’atelier d’évaluation tenu à l’hôtel Carlton à l’issue duquel le ministre par intérim du ministère de l’Éducation nationale a été remercié.

On n’est donc pas sorti de l’auberge. L’éducation est en train de patauger dans une situation boueuse depuis 2009 où les réformes en cours étaient balayées d’un revers de la main par un ministre importé auquel les mauvaises langues prêtaient des rumeurs de faux diplômes. Des faits jugés anodins à en juger le peu de cas que le pouvoir en fait. C’est presque l’indifférence totale du côté du gouvernement. Aucune enquête annoncée autour de ces faux diplômes par conteneurs. Pourquoi s’en faire quand les électeurs eux-mêmes ont jeté leur dévolu aux sans diplômes. Mais mieux vaut sans que faux tout de même.

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