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Nosy Be – La perle noire de l’île est en train de perdre sa valeur

L’ylang-ylang est connu pour ses fleurs jaunes servant à fabriquer l’huile essentielle d’ylang-ylang.

Nosy-Be est réputée pour sa culture d’ylang, destinée à la fabrication d’huile essentielle d’ylang-ylang. Malgré une hausse de commandes sur le marché mondial, une baisse de prix est constatée.
NOSY-BE est surnommée « île aux parfums » en référence principalement aux plantations d’ylangylang qui occupent une grande partie de l’île et qui constitue la principale ressource agricole des habitants. La route de l’Est, plus précisément vers l’aéroport de Fascène, est en effet bordée de plantations de ces arbres torturés qui s’étendent à perte de vue.

Historiquement, l’ylangylang connu sous le nom scientifique canangaodorata ou anonaodorantissima est un arbre tropical à feuilles persistantes originaire d’Asie du sud-Est, cultivé pour ses fleurs jaunes dont est tirée par distillation l’huile essentielle d’ylang-ylang. Son utilisation en parfumerie est assez récente et l’ylang-ylang offre une fragrance d’une puissance qui permet à certaines compositions de parfums lentes à s’épanouir.

Mais, actuellement, les collec teurs essaien t de brader le prix des fleurs d’ylang qui varie entre 500 ariary et 1 000 ariary le kilo, contre 5 000 à 6 000 ariary l’année précédente. En fait, les prix sont particulièrement instables et faiblement rémunérateurs. Cette baisse de prix a enfoncé le clou car la filière a déjà connu de graves problèmes, notamment non résolus, l’année 2019 tant au niveau de production qu’à l’exportation. Le groupement des producteurs et exportateurs de l’île est déjà allé loin l’année dernière , tout en adressant une lettre au Président de la République afin de résoudre les problèmes de la filière, mais les maux ne font que se multiplier.
Pourtant, outre le tourisme, l’ylang est la seule filière qui marche encore à Nosy-Be. Elle fait vivre plus de 40% de la population locale, soit environ cinquante mille habitants, employés des sociétés et les fournisseurs des fleurs d’ylang confondus. Mention particulière pour les femmes des sociétés de distillerie qui se chargent de la production de l’essence depuis la cueillette jusqu’à huile essentielle.

A l’autre bout de la chaîne du produit, le prix réel de l’huile essentielle d’ylang ylang connaît en France une augmentation sensible. Sur les réseaux sociaux le litre du produit fini, mentionné d’origine malgache, se vend à plus de 400 euros. L’on sait même que des opérateurs venant de l’extérieur ont rendu visite au maire de Nosy-Be pour annoncer la prochaine escale d’un avion de l’Ethiopian Airlines à l’aéroport qui récupèrerait leurs commandes en huile essentielle d’ylangylang. Ce qui signifie l’importance dudit produit au niveau international. Madagascar produit plus de 25% de la production mondiale d’ylang ylang.
Selon les informations sur place, cette baisse de prix n’est pas bien fondée, mais c’était le résultat d’un complice entre les collecteurs eux-mêmes. « D’autres collecteurs ont osé acheter nos produits à prix raisonnable, mais certains de leurs collègues ont détourné leur intention en s’alignant avec ce prix très bas » a déploré Jean Victor Meva , représentant des planteurs Nosybéens regroupés au sein d’une coopérative dénommée « Nosy Magnitry » . Ce dernier a ajouté qu’ils ont même surpris des collecteurs essayer de marchander le kilo des fleurs d’ylang à 6 000 ariary le kilo aux acheteurs de la capitale, via réseaux sociaux.

Face à cette situation, les planteurs et producteurs d’ylang-ylang ont essayé d’attirer l’attention des autorités locales. En effet, ils sont venus voir le maire Vita Gilbert pour trouver des solutions à leur faveur. Ce dernier leur ont promis de faire de son mieux pour les aider. Pour l’instant, il a l’intention de mobiliser les policiers municipaux pour surveiller les collecteurs illégaux qui profitent des planteurs.

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