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IEC, pour «Information Et Confiance»

Confiner, quand, pourquoi ? Déconfiner, si, comment ? On ne répétera jamais assez l’improvisation mondiale permanente face à cette pandémie inédite du Covid 19 : «Cette épidémie de coronavirus a pris le monde entier par surprise. Aucune formule toute faite prête-à-s’exporter partout n’existait. Et chaque gouvernement d’improviser au mieux, les plus puissants donnant hasardeusement l’exemple. À commencer par la Chine, dont la politique de confinement drastique de Wuhan est devenue, par défaut, le modèle planétaire. Pour endiguer la première vague, le monde entier s’est résigné, bon gré mal gré, au confinement. Malgré la survenue d’une deuxième vague assortie de divers variants (britannique, brésilien, sud-africain), la lassitude a gagné les populations. La prévision d’une troisième vague imposera aux gouvernements et à la gouvernance sanitaire mondiale de trouver une autre solution. Cette solution serait la vaccination» (Chronique VANF, 15 avril 2021, «Pari sur l’inconnu face au Covid»).

Un premier lot de 250.000 vaccins du mécanisme COVAX est arrivé à Madagascar le 8 mai 2021. Les colis arboraient l’étiquette des initiateurs : COVAX, CEPI (partenariat créé à Davos en 2017 pour développer des vaccins permettant de mettre fin aux épidémies futures), Gavi (partenariat public-privé créé en 2000 avec l’OMS, l’UNICEF, l’industrie des vaccins, la Fondation Bill et Melinda Gates, les pays donateurs et les pays bénéficiaires).

La Recherche et Développement a un prix, généralement hors de portée des pays pauvres sauf à se mettre en consortium : ainsi, une collaboration entre le Serum Institute of India et l’Alliance Gavi doit permettre d’obtenir, par l’intermédiaire du mécanisme COVAX, jusqu’à 100 millions de doses des vaccins candidats d’AstraZeneca, pour les pays à revenu faible ou intermédiaire, à seulement 3 USD par dose.

Il y a des informations qui ne circulent pas suffisamment. Comme ce document OMS (Organisation mondiale de la Santé) du 16 mars 2021, qui peut lever certaines hésitations entre un même vaccin qui porte trois noms différents (AstraZeneca devenu VaxZevria depuis le 25 mars 2021, et alias Covishield ?), mais qui ne satisfait pas au désir d’avoir le choix entre plusieurs vaccins.

Je cite : «Le groupe générique de vaccins ChAdOx1-S (recombinants) comprend les vaccins AstraZeneca/AZD1222 et SII/Covishield. L’approvisionnement mondial en vaccins AstraZeneca/AZD1222 et SII/Covishield, tous deux fournis par le mécanisme COVAX, ne répond pas encore totalement à la demande internationale. Les recommandations de l’OMS s’appliquent au produit AZD1222 mis au point conjointement par l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et AstraZeneca, ainsi qu’aux produits ChAdOx1-S (recombinants) développés par d’autres fabricants, à savoir AstraZeneca/AZD1222 (produit par AstraZeneca SKBio en République de Corée) et SII/Covishield (produit par le Serum Institute of India). Compte-tenu de l’équivalence entre AstraZeneca/AZD1222 et SII/Covishield dans le groupe générique de vaccins ChAdOx1-S, les deux produits sont donc interchangeables».

Il pourrait rasurer le grand public de savoir que cette loterie planétaire suit «une modélisation mathématique non publiée» qui indique la marche à suivre : «lorsque l’approvisionnement est très limité pendant la période initiale, administrer une dose du vaccin à un plus grand nombre de personnes dans le groupe de population le plus prioritaire, au lieu de vacciner la moitié de ce nombre en administrant deux doses. À mesure que l’approvisionnement en vaccins augmente, et que toutes les populations les plus prioritaires reçoivent une dose, une décision doit être prise entre l’administration d’une seconde dose de vaccins à ce groupe (de population le plus prioritaire) ou l’administration d’une première dose de vaccin à un autre groupe à risque. Avec l’augmentation du niveau d’approvisionnement en vaccins et le déploiement à des groupes à risque de moins en moins prioritaires, le modèle recommande que la priorité soit donnée aux groupes les plus à risque pour qu’ils achèvent leur vaccination par une deuxième dose plutôt que de continuer à administrer les premières doses à un groupe moins prioritaire».

Il faut faire savoir que «La fréquence des livraisons de vaccins vers les pays est incertaine à court ou moyen terme». Et que «les pays recevant moins de doses que nécessaire pour vacciner complètement l’ensemble des groupes hautement prioritaires auront à trouver le juste équilibre entre les objectifs-clés ci-après : 1) maximiser l’immunité contre la COVID-19 dans les groupes les plus prioritaires ; 2) administrer au moins une dose de vaccin anti-COVID19 à un maximum de personnes faisant partie d’un maximum de groupes prioritaires, le plus rapidement possible ; 3) Administrer totalement toutes les doses disponibles avant la date de péremption du lot de vaccins.

IEC devrait pouvoir signifier «Information Et Confiance». Le rapport bénéfice-risque reste favorable, dit-on, mais on ne doit pas occulter que le Danemark, la Norvège et l’Islande avaient suspendu l’administration de l’AstraZeneca, le 11 mars 2021. Pourquoi ? L’absence de réponse absolue, parce que scientifique, relève du même «Pari sur l’inconnu face au Covid» évoqué au tout début.

Le SAGE (Groupe stratégique consultatif d’experts de l’OMS) recommande bien au GTCNV (Groupe technique consultatif national sur la vaccination) d’informer au moins sur l’efficacité du vaccin et des détails sur la date probable d’administration de la seconde dose. Et traiter en adulte une opinion qu’il est contre-productif d’infantiliser.

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