Texto de Ravel

Vents venant du continent

Gaborone, capitale du Botswana. Première impression : on dirait que c’est dimanche ! Tout est si calme tous les jours. Deuxième impression : il y a beaucoup de bœufs partout. Les rues sont vraiment très larges et on pourrait faire quelques kilomètres sans croiser une voiture. Le Botswana est connu pour tout ça mais le vivre est vraiment autre chose. Pour des montagnards comme les Tananariviens, voir le paysage tout plat, des routes en lignes droites partout est assez déroutant. La conduite à droite, pas d’embouteillage, celui habitué à rouler à 20 kilo­mètres heure dans les rues d’Antananarivo se cramponne de peur face à l’allure des voitures. Une autre observation : les voitures des riches sont blanches. La sous-population de Gaborone est saisissante. Partout où on va, même à l’aéroport, on a l’impression qu’ils ont ouvert les portes juste pour nous. Tout est tellement calme.

Autre chose de frappant à Gaborone : la qualité des infrastructures et le service hôtelier. On peut ressentir vraiment l’attention que les architectes ont mise dans les détails pour que les chambres soient le plus près possible de la nature. De la salle de bain comme du lit on peut contempler le paysage. La lumière naturelle est optimisée pour que la chambre soit baignée de chaleur et de luminosité jusqu’au coucher du soleil. Le soir, à l’heure où les clients sont rentrés, les gouvernantes viennent s’enquérir porte par porte auprès des invités. Ils s’assurent que tout le monde se sent bien, que tout se passe bien et leur offrent du chocolat.
Lusaka, capitale de la Zambie. Première impression : c’est tout aussi plat ! Deuxième impression : c’est très boisé et très bien entretenu. Les rues sont tout aussi larges qu’à Gaborone et on peut bien voir que le plan d’urbanisation est un héritage de la colonisation britannique. La conduite est également à droite et les principales rues sont jonchées de détecteurs de vitesse qui envoient directement les contraventions sur votre téléphone. Les rues de Lusaka sont en plein élargissement. Des deux voies, elles passent aux quatre voies dans presque tous les quartiers.

Il y a de l’espace dans ce pays et la nature est aussi bien présente. À moins de quarante cinq minutes de la ville, il y a déjà des parcs pour faire des safaris. Toujours en parlant de plan d’aménagement, il est frappant de voir que dans beaucoup de quartiers, les cinq mètres entre la rue et les constructions sont respectés. Ainsi, on peut voir des successions de magnifiques jardins extérieurs qui sont entretenus par les riverains. La Zambie est un pays qui a une immense réserve d’eau. Ainsi, chaque foyer a son propre système d’alimentation en eau, ce qui facilite les arrosages et l’entretien de ses espaces verts.

Harare, capitale du Zimbabwe. Le choc est terrible. Première impression : l’air est très pollué. Deuxième impression : c’est sale et sens dessus-dessous. Apparemment, les bouleversements politiques ont eu d’immenses conséquences sur l’économie et sur le social. Le taux de chômage ne cesse de s’envoler et l’écart abyssal entre la minorité riche et la majorité pauvre est de plus en plus grand. Aussi, les rues sont elles investies de milliers de personnes qui essaient de survivre au jour le jour.

Les embouteillages sont terribles et il ne faut pas compter sur la politesse des conducteurs : il est bloqué, il te bloque aussi. Après des heures d’attente et d’énervement, la désillusion continue à l’hôtel. Pour être franche, ca sentait vraiment l’arnaque. Un exemple parmi tant d’autres : dans un hôtel cinq étoiles, on est obligé de louer une prise adapteur à dix dollars. Les chambres sont très vieilles et très mal entretenues en plus du service qui laisse vraiment à désirer. Bref, la comparaison avec Gaborone et Lusaka est très vite faite et le résultat est sans équivoque sur tous les plans.
L’Afrique avance. Certes, chacun à son rythme mais le continent avance. Qu’en est-il de nous ?

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