Economie

Tabac – Mille milliards ariary d’impôts sur trois ans

Les jeunes, un vivier important de fumeurs.

C’est toute une économie qui tourne autour de l’industrie du tabac à Mada­gascar entre contribution fiscale et emplois générés.

La cigarette tue. Mais la cigarette rapporte à l’Etat. Le principal opérateur sur le marché malgache, Imperial Tobacco a représenté 302 milliards d’ariary de recettes fiscales pour l’année 2018 à travers les quatre filiales du groupe à savoir Soctam, Sitam, Sacimem et Promodim. D’après le directeur général Francis Rabarijohn, Imperial Tobacco prévoit une contribution fiscale de 1 000 milliards d’ariary sur les trois prochaines années. Au-delà des impôts et taxes, l’État détient également environ 30% du groupe à travers la Société nationale de participation (SONAPAR), les assurances Fiaro et Aro et l’Office malgache du Tabac (OFMATA). Cela lui a rapporté 9.5 millions d’euros en dividendes sur la période 2015-2017 peut-on lire dans les colonnes de L’Eco austral en 2018. D’un autre côté, l’industrie du tabac constitue un secteur d’activité pourvoyeur d’emplois. Si Imperial Tobacco compte plus de cinq-cents salariés fixes, il emploie saisonnièrement un total de trois mille personnes. Pour la production de tabac, le groupe travaille avec plus de mille planteurs formés. C’est toute une économie qui tourne autour de la cigarette à Madagascar.

Inefficace
En marge de la journée anti-tabac, Francis Rabarijohn a signifié que les mesures imposées à partir de 2003 concernant les emballages des paquets de cigarettes et l’interdiction de la réclame sur les tabacs n’avaient finalement eu que peu d’effets sur les ventes du groupe. «Nous avons scrupuleusement respecté la loi en vigueur. Nous avons mis les avertissements sur les paquets et supprimé les logos comme prévu», souligne le directeur général d’Imperial Tobacco interrogé au téléphone. Il a ajouté qu’entre temps, le groupe a renforcé son réseau de distribution à travers toute l’île avec un total de seize agences actuellement. Par expérience, Francis Rabarijohn affirme que seule une hausse de prix a un impact conséquent sur les ventes à travers une hausse des taxes.

À Madagascar, comme dans le monde entier, les adolescents constituent un vivier important de fumeurs potentiels. L’Office national de lutte antitabac (OFNALAT) estime que 19% des fumeurs invétérés sont des jeunes pour qui la cigarette présente un fort intérêt. Visiblement, ce ne sont pas les risques auxquels ils s’exposent qui les freinent. Avec une population composée, pour les deux tiers, des moins de 25 ans, l’industrie du tabac a des beaux jours devant elle. D’après un employé au sein d’Imperial Tobacco qui a tenu le stand Imperial Tobacco à la Foire internationale de Mada­gascar, le groupe vend quelque quatre milliards de tiges par an ce qui, ramenées aux six cent mille fumeurs invétérés recensés par l’OFNALAT, représente un paquet de cigarettes par jour.

 

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