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Bemiray – Technologie – Viendra le temps des robots

Une table d'opération surmontée des bras d'un Da Vinci.

Si les robots remplaçaient les hommes dans leurs tâches répétitives ou quotidiennes ? En fait, ce n’est plus vraiment de la fiction. Bemiray de ce jour aborde ensuite le volet religion, plus précisément l’Église kimbanguiste, que Tom Andriamanoro estime être une adaptation du christianisme aux réalités africaines.

Le progrès nous mène-t-il au mieux-vivre ? Un très sérieux rapport établi par une branche de l’université d’Oxford a de quoi faire frissonner : quand viendra leur temps, les robots mettront au chômage 57% de la population mondiale ! S’il a fallu trois milliards d’années à la vie sur terre pour parvenir à l’actuelle intelligence humaine, à peine soixante ans ont suffi à un ordinateur pour passer d’un morceau de silicone à une machine capable d’effectuer des milliards de calculs à la seconde. Moshe Vardi, de l’Institute for Information Technology de l’Université Rice du Texas est catégorique : le moment où les machines pourront surpasser les hommes dans toutes les tâches est inéluctable.

Les robots Kiva déplacent en permanence les étagères où sont stockés les produits à livrer.

En fait, c’est en 2000, une année on ne peut plus riche en symboles, que tout a basculé. Cette année-là, la courbe de la productivité a « décroché » de celle de l’emploi. En d’autres termes, on produit de plus en plus, mais avec de moins en moins de personnes. Le responsable ? Une automatisation toujours plus perfectionnée. Pour prendre des exemples dans les pays les plus exposés, même les professions qu’on surnomme celles des « cols blancs » sont menacées. C’est le cas des responsables de ressources humaines, des avocats, des assureurs, des analystes financiers. Il sera, en effet, possible, « demain », à une machine de faire le travail de recherche documentaire nécessitant, aujourd’hui, le recours à des centaines d’employés. Dans l’enseignement, les cours seront prodigués par des logiciels. Aujourd’hui déjà à Harvard, l’introduction à la comptabilité est remplacée par un enseignement en ligne. Mais c’est dans la médecine que les progrès de la science peuvent se substituer de la manière la plus visible à l’intervention humaine. Dans un hôpital de New York, par exemple, l’ordinateur Watson d’IBM permet d’établir des diagnostics encore plus fiables. Grâce à la quantité de données qu’il peut ingurgiter et analyser, il décèle des corrélations impossibles à voir de la manière classique.

Avec ses deux bras robotisés, le prototype reproduit des recettes enregistrées ou les mouvements d’un chef cuisinier.

Révolution
Certains robots sont encore des curiosités du futur visitées dans les Salons, mais leur vulgarisation n’est peut-être plus aussi lointaine qu’on le croit. C’est le cas du Moley Robotics, un « cuisinier » capable de préparer n’importe quel plat de manière totalement autonome, une fois que les produits et les ingrédients sont mis à sa disposition. Le Da Vinci, pour sa part, est déjà présenté comme étant le chirurgien du futur. Il ignore, et pour cause, les réactions bien humaines dues à des facteurs comme l’émotion ou la fatigue, et garde la même concentration quelle que soit la durée d’une opération. Quant à Kiva, il est déjà opérationnel et remplace avantageusement les tracteurs à chariots pour le déplacement de palettes. Sa première compagnie utilisatrice s’est rendue compte que ses employés effectuaient jusqu’à douze kilomètres par jour dans leurs va-et-vient pour chercher les colis à expédier. Kiva peut soulever à lui seul 1 500 kilos et traite quatre fois plus
d’ordres qu’un humain dans le même temps.

Quelques chiffres peuvent illustrer cette révolution de la robotisation qui ne laisse pas d’inquiéter : S’il y a « aujourd’hui » trois milliards de travailleurs dans le monde, « demain » ils ne seront plus que 1,71 milliard. Si en 2005, le marché de la robotique valait 10 milliards de dollars, en 2025 ce chiffre grimpera jusqu’à 65 milliards de dollars. La question peut se poser si c’est bien ce dont l’humanité aura besoin…

Jimi Hendrix, le divin guitariste gaucher.

Rétro pêle-mêle

Le showbiz réserve parfois de ces surprises ! Jimi Hendrix, le divin gaucher avait baptisé son équipe managériale « Antakarana Production ». Lors du festival de Woodstock il avait joué un morceau intitulé « Madagascar » mais ne l’a jamais inséré dans un album. Dans une interview accordée en 2002 au magazine Outstage, un autre monument de la guitare, Carlos Santana, avait déclaré : « Je ne veux pas mourir idiot, c’est pourquoi j’irai un jour à Madagascar ». L’attente a été vaine… Dans le magazine L’Express du 24 avril 2004, Stanley Beckford le plus grand reggaeman depuis Bob Marley attribuait des racines malgaches au reggae. Dans ces premières années 2000 toujours, les Guns N Roses faisaient un malheur sur le net avec leur album intitulé… « Madagascar ». On s’en serait douté.

Religions africaines – Le kimbanguisme, ce méconnu

Le Révérend Ndremanampy Andrianarijaona avait introduit
l’Église kimbanguiste à Madagascar.
Le temple kimbanguiste de Nkamba (RDC), construit en 1981,
peut accueillir 37 000 fidèles assis.

À Madagascar, le kimbanguisme a toujours été assimilé à son promoteur local, le Révérend Ndremanampy Andrianarijaona, alias « Satrobory », un politicien des bas-quartiers de la capitale. Il a, de ce fait, toujours été classé parmi les petites sectes sans envergure qui constituent l’arrière-plan de la chrétienté malgache. Grossière erreur, puisque d’une part le kimbanguisme constitue la plus importante adaptation du christianisme aux réalités africaines, et de l’autre il a tenu une place de tout premier plan dans la décolonisation du Congo ex-belge.

L’Europe était alors paralysée par la Première guerre mondiale, et, au Congo, la médecine était impuissante devant des fléaux comme la maladie du sommeil, la fièvre typhoïde, ou la variole. C’est dans ce contexte de désolation que commença, pour le « prophète » Simon Kimbangu, un parcours spirituel hors du commun. Très rapidement, son petit village natal de Nkamba devint une sorte de nouvelle Jérusalem où les grandes foules, en quête de guérison et d’exorcisme, convergeaient chaque jour par milliers. Les hôpitaux des missions se désemplissaient à vue d’œil, les employés des grandes compagnies belges désertaient leurs lieux de travail pour se rendre, sans autorisation à Nkamba. L’hémorragie atteint un point tel que les autorités coloniales, cherchant un prétexte pour mettre la main sur Kimbangu, l’accusèrent d’incitation à la désobéissance civile. Il est vrai qu’une fois convertis, les adeptes ne voulaient plus payer leurs impôts. Le « prophète » dut entrer dans la clandestinité pour continuer à prêcher, et ses prédications commencèrent à prendre une connotation xénophobe. « Le Christ ne tardera plus à venir pour renverser le pouvoir des Blancs ». On était alors en 1921, et Kimbangu eut une réaction que même ses fidèles ne purent comprendre. Voulait-il se parer de l’auréole d’un martyr ? Toujours est-il qu’il décida de se constituer prisonnier. Commença alors une grande répression dont on estime le nombre des victimes à trente-sept mille. Plus tard, ce chiffre sera immortalisé par les kimbanguistes qui construisirent en 1981’un gigantesque temple de 37 000 places assises, toujours à Nkamba. Condamné à mort, Kimbangu était transféré à Stanleyville, puis à Elizabethville où il passa trente ans en détention avant de mourir en 1951.

Photo de Simon Kimbangu,
à l’âge de 34 ans, peu après
son arrestation par l’autorité belge
en 1921.
Les kimbanguistes ont ouvert une université à Kinshasa.

« Le Saint-Esprit »
La reconnaissance officielle du kibanguisme par la Chambre des représentants et le Sénat belges fut acquise en décembre 1959, ce qui eut pour effet une plus grande tolérance de la part des autorités. Une autre paire de manches fut l’admission au sein du Conseil œcuménique des Églises (COE) qui prit une bonne dizaine d’années. Un prélude à cette reconnaissance fut le premier voyage officiel d’une délégation kimbanguiste à l’étranger, en décembre 1961. Elle visita successivement Israël, la Belgique, la France, la Hollande, et l’Allemagne. Mais les conditions posées par le COE étaient drastiques : la première exigeait que l’Église de Jésus Christ sur Terre, appellation complète de l’Église kimbanguiste, renoue les liens avec l’Église protestante dont elle est une émanation ou une dissidence, c’est selon. Les kimbanguistes répondirent sèchement que, s’il en était ainsi, ils préféraient rester une Église indépendante, et ne s’en porteraient pas plus mal. La deuxième condition était plus compliquée, car se rapportant à la croyance même, et plus précisément à la Trinité. Jésus avait en effet promis l’envoi d’un Consolateur, et pour les kimbanguistes purs et durs, ce Consolateur était … Simon Kimbangu. En d’autres termes, le « prophète » était le Saint-Esprit, une véritable hérésie pour le Conseil œcuménique. L’Église parvint à éviter le schisme, mais il y a désormais en son sein deux courants : celui des « christocentristes » qui se sont alignés sur le COE pour garantir à leur Église une reconnaissance internationale, et celui des « kimbangocentrisites » qui ne jurent que par le très saint-esprit de Papa Simon. Mais les deux s’entendent. Miracle !

Néstor et Cristina Kirchner qui se sont succédé
à la Présidence de l’Argentine (ici lors de la passation
de pouvoir le 10 décembre 2007) ont misé
sur la consommation à outrance.

Économie – Miser sur la consommation ?

Une rétrospective sur l’ère des époux Kirchner qui s’étaient succédé à la Présidence de l’Argentine permet de réfléchir sur un choix économique qui n’est pas nécessairement le meilleur : celui de la consommation à outrance. À l’image du français Carrefour qui était alors le premier employeur du pays, ou de Casino, la grande distribution vivait alors des jours fastes. Les Argentins avaient une véritable soif de consommer. À la base se trouvait un processus d’élargissement du pouvoir d’achat. Les syndicats exigeaient une revalorisation des salaires et le gouvernement ne s’y est pas opposé, toujours au nom du pouvoir d’achat. Avant, il y avait Buenos Aires d’un côté, et le « désert » de l’autre. De grands magasins se sont mis à ouvrir partout, jusqu’en Patagonie dans l’extrême Sud. Les vrais économistes craignaient la surchauffe, et demandaient que l’on privilégie désormais l’investissement et l’épargne. Mais les Argentins y restaient sourds, trop heureux de claquer aux quatre vents leur pouvoir d’achat retrouvé…

 

 

 

 

 

Lettres sans frontières – Les Colchiques

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s’empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtre comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

Les enfants de l’école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l’harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l’automne

Signe
Je suis soumis au Chef du signe de l’Automne
Partant j’aime les fruits je déteste les fleurs
Je regrette chacun des baisers que je donne
Tel un noyer gaulé dit au vent sa douleur

Mon Automne éternelle ô ma saison mentale
Les mains des amants d’antan jonchent ton sol
Une épouse me suit c’est mon ombre fatale
Les colombes ce soir prennent leur dernier vol