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Des jeunes défavorisés à la rencontre d’un métier

L’association ENDA forme des jeunes exclus du système scolaire aux métiers de l’hôtellerie. Dans les coulisses du Carlton, quatorze apprentis découvrent les exigences de leur future profession.

Le Carlton accueille pendant neuf mois une promotion de jeunes pour les former à l’hôtellerie. Le tourisme, secteur d’avenir dans la Grande île, fait rêver la jeunesse malgache. Pourtant sans l’intervention de l’association ENDA, les quatorze élèves de la 3e promotion n’auraient pas pu prétendre aux études supérieures.
Depuis qu’elle a passé son BEPC, Sahoby enchaîne les petits boulots pour espérer financer ses études. Elle vient d’une famille « vulnérable », dans laquelle elle s’est parfois sentie exclue par son père qui n’est pas son père biologique. Mais après deux mois de formation en cuisine, elle a le sentiment
d’être enfin respectée parmi les siens. « Je me sens plus forte aujourd’hui », se réjouit-elle.  À 23 ans, elle ne manque pas d’ambition. « J’aimerais faire carrière au Carlton et remplacer plus tard le chef de cuisine Monsieur Elian », dit-elle, le regard plein de détermination.
Réjoui de voir la motivation avec laquelle les jeunes parlent de leur nouveau travail,  François Van Rens, directeur général de l’hôtel, estime « qu’il est de la responsabilité de chaque entreprise d’aider à la formation.
Ce n’est pas à nous de nous substituer à l’école, loin de là, mais on fait partie de l’apprentissage. C’est dans notre intérêt à tous que des jeunes apprennent, comprennent et aiment le métier ».
Comme Sahoby, Nadia suit la formation proposée par ENDA. C’est par hasard que la jeune fille de 19 ans est entrée en contact avec l’association.
Professionnalisme
« J’étais à l’église et une dame est venue m’adresser la parole, elle était  présidente de l’association Gazela. C’est grâce à elle que j’ai pris connaissance des quatre formations  en hôtellerie d’ENDA. J’ai choisi de faire commis d’étage parce que c’est le travail qui se rapproche le plus de ce que je faisais déjà à la maison »,  souligne-t-elle.
Deux jours par semaine, Nadia, Sahoby et les 11
tautres apprentis suivent des cours théoriques de culture générale, dans la continuité du programme  scolaire basique. Le reste du temps, ils sont en cuisine, en train de servir les clients ou de préparer les chambres. Les 5 étoiles de l’hôtel Carlton requièrent une grande rigueur dans le travail. «  Il faut faire attention aux moindres détails qui peuvent paraître futile au début pour ces jeunes qui viennent de familles vulnérables », soutient l’une des quatre formatrices du programme. Ce décalage de réalité est le plus délicat à gérer selon ces apprentis. Ce qui n’était que des attentes lointaines dans la vie quotidienne, sont aujourd’hui de rigueur : ponctualité, hygiène irréprochable, apparence soignée.
« Le plus difficile, c’est d’adopter une attitude professionnelle, un comportement adéquat », explique Avotra, jeune apprenti de 24 ans. Après l’obtention de son baccalauréat, il n’avait pas les moyens financiers pour poursuivre dans l’hôtellerie, il a six autres frères et sœurs dans sa famille. Il rêvait d’être commis de salle depuis la classe de seconde. A présent, tout semble possible et il a bien l’intention d’évoluer dans le métier.
Maéva Commécy (Stagiaire)

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