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Transformation Agro-industrielle – Des possibilités souvent négligées

Le  manioc  est  l’aliment  de  base  dans  certaines régions.

Divers produits agricoles sont parfois mal utilisés et sous exploités dans le pays, alors que la concurrence s’avère assez rude au niveau international. Certaines filières agricoles méritent d’être considérées.

Tout est question de volonté et de mentalité puisque d’autres voies peuvent être explorées pour un certain nombre de filières agricoles. Les principales cultures de la Grande île peuvent connaître ainsi un nouveau destin si tous les acteurs s’y mettent, avec l’appui des partenaires techniques et financiers.

Le riz, le manioc et le maïs constituent les principales productions agricoles du pays, en termes de quantité et sur le plan de l’occupation de surface. Mais la compétitivité de ces filières mérite actuellement réflexion, sachant que de nombreuses opportunités ont été négligées.

À titre d’exemple, considéré depuis des décennies comme étant « l’aliment des pauvres », le manioc n’a pas bonne presse. C’est pourtant la seconde filière la plus importante dans le pays après le riz. Au cours des dernières années, la production a en effet connu une hausse. Cultivé dans toutes les régions de Madagascar, ce tubercule est surtout prisé par les paysans des provinces de Toliara et de Fianarantsoa qui fournissent à peu près 65% de la production nationale, selon une récente étude, pour une production estimée autour de 2,3 millions de tonnes, sur une superficie de 350 000 hectares.

Possibilités de transformation

Signe de l’évolution de la filière au cours des dernières décennies, la production de manioc est passée de 23 000 tonnes à 50 000 tonnes de 2002 à 2008 d’après les statistiques du Projet de mise en valeur du Haut Bassin du Mandrare (PHBM), citées dans l’ouvrage « Nourrir la terre et nourrir les hommes », édition l’Harmattan, sous la coordination de Benoît Thierry. Et dans de nombreuses régions du pays, la tradition de la culture est maintenue, notamment pour la consommation.

Côté transformation, tout n’a pas été suffisamment mis en œuvre alors que les opportunités existent. Raison pour laquelle des projets de promotion de la farine de manioc ont été promus par le FOFIFA à Madagascar en collaboration avec l’Institut africain IITA. Sur ce plan, on pouvait s’inspirer des expériences de certains pays du continent, grands producteurs de manioc comme le Nigéria où, à un certain temps, la législation a enjoint les professionnels de la boulangerie et de la pâtisserie à recourir à 25% de farine de manioc dans leur production.

« La farine de manioc peut être mélangée avec de la farine de blé pour la production de pain ou pour la pâtisserie. Pour le pain, on préconise environ 3% de volume de farine de manioc, contre environ 20% ou plus pour la pâtisserie, voire 50% pour d’autres mets traditionnels malgaches », a expliqué un technicien du FOFIFA, qui précise aussi que « le produit décalcifiant dans le manioc est fortement volatile et éliminé dès que le produit est réduit en farine ou une fois le manioc râpé ». Ceci doit donc dissiper les craintes des consommateurs sur un préjugé de longue date.

La production de fécule de manioc est également sous explorée mais de plus en plus conseillée. Le fécule de manioc peut servir par exemple dans la production de colle, la production de charcuterie et dans l’industrie textile. Une autre perspective donc pour « l’aliment des pauvres » qui ne l’est pas totalement, en réalité, conclut notre interlocuteur.

La compétitivité en jeu

Pour le maïs, un autre exemple, la transformation n’a pas atteint le niveau escompté. Une fiche technique du ministère de l’Agriculture admet que « sa contribution au développement régional et national serait beaucoup plus grande avec l’introduction de techniques modernes d’exploitation pour devenir une culture industrielle productive et compétitive ».

La transformation existe. Mais elle est limitée, notamment dans la brasserie et dans la production de l’alimentation animale. C’est pourtant une filière qui compte environ 700 000 petits exploitants, avec un peu plus de 190 000 hectares cultivés.

Mais cela fait de Madagascar un «producteur » presque insignifiant (0.05 %) au niveau international. Les Etats-Unis produisent annuellement environ 300 millions de tonnes de maïs, contre environ 170 millions de tonnes pour la Chine, et 12 millions de tonnes pour l’Afrique du Sud (12e producteur mondial).

La transformation et l’exportation constituent en tous cas la meilleure voie pour la Grande Île afin de faire évoluer ces principales filières agricoles. Pour y arriver, des études privilégient la promotion des investissements privés. Des initiatives comme le Projet d’Appui à la Zone de Transformation Agro-industrielle du Sud-Ouest de Madagascar (PATASO) étaient encouragées, mais il en faut sans doute davantage pour aller de l’avant.

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