Editorial

À Pâques ou à la Trinité ?

Pour la première fois il n’y aura ni Pâques, ni lundi de Pâques. Ce n’est pas encore officiel mais ce n’est pas non plus un poisson d’avril. Au rythme où va l’évolution du coronavirus on est bien parti pour une nouvelle quinzaine de confinement. Hier, on a franchi le cap symbolique des cinquante cas confirmés dont trois dans un état plus ou moins grave. Comparé aux autres pays de la région c’est un bilan « honorable » qu’il faut néanmoins relativiser. Le millier de personnes qui ont subi le test de dépistage rapide ne rassemble que les passagers des vols internationaux entre le 11 et 19 septembre. Ils sont au total un peu plus de trois mille cinq cents passagers à dépister après une mise en quarantaine plus ou moins rocambolesque pour certains. Tout le monde aura subi le TDr d’ici deux jours.

Cela ne permet donc pas de saisir la pénétration de l’épidémie dans la profondeur de la population surtout après l’épopée du touriste étranger à travers quelques villes. un autre cas contact suscite également l’inquiétude. Il est vrai que si le coronavirus atteint le coeur de la population, l’épidémie prend une autre dimension et la guerre sera très difficile à gagner. Seul un dépistage massif et systématique de la population permettra de neutraliser la propagation du virus en isolant les vecteurs identifiés. Le président de la république a d’ailleurs annoncé suivre cette voie qui a permis à la Corée du Sud de limiter les dégâts. Mais l’opération prendra beaucoup de temps, énormément de temps. Il faut conjuguer en même temps vitesse et quantité pour anéantir le pouvoir de nuisance du coronavirus. Ce qui suppose des moyens matériels et humains importants.

Le danger réel risque ainsi de ne pas être le virus lui-même mais la capacité de résistance de l’économie et de résilience de la population. Supportera-t-on trois ou quatre mois de confinement avec des restrictions plus serrées comme c’est le cas ailleurs ? on doit dire que c’est presque impossible. à Maurice, en deux semaines de confinement, des tentatives de pillage de magasins ont été signalées alors que les Mauriciens ont un meilleur niveau de vie que les Malgaches et devraient a priori pouvoir faire des provisions a même de tenir plusieurs mois de confinement.

On veut bien partager l’optimisme du Président qui mise sur une guérison des malades d’ici Pâques, mais il faut dire que ce sera compliqué. Gageons que le nombre de cas ne s’aggravera pas beaucoup d’ici là, que les cas contacts ne se multiplieront pas. Vivement la fin de cette pandémie mais on doute fort qu’elle ait lieu à Pâques ou à la Trinité.

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