SANTÉ PUBLIQUE - Les faux médecins pullulent


Les métiers de la santé sont infestés de charlatans. Le domaine de la médecine conventionnelle n’y échappe pas, outre celui de la médecine traditionnelle, qui a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. Une femme est parvenue à se débarrasser, à temps, d’un charlatan. Suivre les prescriptions de ce faux médecin aurait pu lui coûter la vie. Ce thérapeute douteux lui a indiqué des problèmes d’estomac, une tension artérielle de 14/27 (ndlr : qui n’est pas un jargon médical), un calcul biliaire, un calcul rénal, du rhumatisme, « du trouble hormonal », (ndlr : qui n’est pas non plus un vocabulaire médical), et du kyste ovarien. Alors qu’en réalité, cette femme souffrait d’une grossesse extra-utérine, selon les résultats d’analyse. « Si ce problème de santé n’est pas traité à temps, on peut en mourir. », alerte un médecin. Ce cas n’est pas isolé. Plusieurs personnes exercent illégalement le métier de médecin, alerte l’Ordre national des médecins. « Des collègues s’en plaignent fréquemment. », notait le Dr Eric Andrianasolo, président de l'Ordre, hier. La plupart des signalements proviennent des provinces, mais même à Tana, il existe des « faux médecins ». « Ils mettent la vie de la population en danger. », prévient le Dr Eric Andrianasolo. Ils établissent des faux diagnostics. Ils prescrivent des traitements « méconnus », par les professionnels de santé, ou inadaptés à la maladie indiquée. Faciles à démasquer C’est souvent lorsque l’état de santé du malade se dégrade qu’il consulte un vrai professionnel. Les services de réanimation médicale des centres hospitaliers universitaires recevraient, habituellement, des victimes de ces « charlatans ». « C’est malheureusement nous que les familles de certains patients tiennent responsables de la mort de leurs proches, alors qu’avant d’arriver chez nous, ils ont consulté des charlatans, dont les traitements ont certainement contribué à la détérioration de leur état de santé. En plus, ils ne viennent que lorsque leur maladie se complique, lorsqu’ils n’ont plus d’autres options. », regrettent des médecins. Les charlatans sont faciles à démasquer. « Une ordonnance prescrite par un médecin doit être composée d’un cachet. Vérifiez bien ce cachet, toutefois, il doit comporter un numéro d’ONM. », invite le Dr Eric Andrianasolo, en encourageant la poursuite des charlatans.
Plus récente Plus ancienne