Mines - Kraoma SA toujours dans l’impasse


L’exploitation du chrome à Brieville par Kraoma SA est à l’arrêt depuis 2019. Son siège social à Ampefiloha ferme ses portes. Et son directeur général Nirina Rakotomanantsoa injoignable. Les jours se suivent et se ressemblent pour les employés de la Kraoma SA. L’un d’eux intervenant sur les ondes de Radio Antsiva hier, n’a pas caché sa désolation. « Les activités à l’usine de Brieville ont été mises en veilleuse depuis juillet 2019. Notre directeur général a, peut-être, changé son numéro de téléphone. Les employés de notre siège à Ampefiloha ont aussi abandonné leurs postes de travail. Les salaires impayés de ces trois années de blocage équivalent à vingt-et- un mois d’arriérés » a-t-il souligné. En dévoilant que « les entreprises qui exploitent le chrome sur d’autres sites ont bénéficié d’autres licences d’exploitation. Mais pas celles de Kraoma SA ». La filière aurifère serait-elle la solution pou rsortir Kraoma SA de l’impasse dans laquelle elle est engluée depuis ces années de galère? Cette proposition a été avancée par des cadres de la société, mais laissée sans suite par les autorités. Alors que Kraoma SA possède de périmètres à Betsiaka dans le district d’Ambilobe et à Beanana, du côté de Maevatananà. Selon l’intervenant sur Radio Antsiva, « avec les prix actuels de l’once (1 709,05 euros les 31,1 grammes) deux kilos du métal jaune suffisent à éponger ces salaires en souffrance ». Alors que des firmes étrangères y sont présentes avec leurs propres orpailleurs, selon les explications fournies par le même témoin. Roubles et troubles Il s’agit ainsi d’un dossier assez chaud pour le futur ministre des Mines et des ressources stratégiques. Des professionnels du secteur minier, sans renier les capacités intellectuelles de Christian Ntsay, e t les approba tions des bailleurs de fonds à son égard, souhaitent l’avènement d’un ministre taillé sur mesure comme leur principal interlocuteur. Pour revenir au cas délicat de la Kraoma SA, le partenariat avec les Russes de Ferrum Mining a été conclu par les apparatchiks du HVM. Avec à la clé des dettes évaluées à 39 milliards d’ariary et des pertes d’exploitation d’environ 55 milliards d’ariary. Les amodiations du contrat initial n’ont pas permis de les retenir. Contre toute attente, ils ont plié bagages, sans trop se soucier de ce que va devenir cette société d’État au passé glorieux. Le partenaire Ferrum Mining a toujours suscité de la méfiance de la partie malgache. Selon un document de l’administration russe, produit par le service fédéral des taxes, ladite société ne possède que 10 000 roubles de capital, soit 139 euros. Et sa directrice générale, Zhezherova Alyona Vladimi­rovna - qui n’est jamais venue à Madagascar - avait ses bureaux dans un immeuble modeste de Saint-Pétersbourg, au moment de la signature. Et si son objet social inclut bien les mines, cette activité figure aux côtés de 47 autres secteurs, parmi lesquels le piégeage d’animaux sauvages, l’exploitation forestière, le conseil fiscal ou encore la sécurité privée. C’est dire qu’elle n’est pas une grosse firme connue et reconnue de l’industrie extractive. Il existe aussi d’autres paramètres du marché mondial qui ont joué en défaveur de Kraoma SA. Comme la considération du malus suivant la qualité du produit, tenant compte des teneurs en minéraux. Tout cela n’excuse pas l’inertie du moment pour une entreprise qui peut être le fer de la lance de l’économie nationale.
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