Editorial

Ponction publique

Ferme. Le Premier ministre, Christian Ntsay a crevé l’abcès à Ambohimanambola concernant les contrats de la Jirama avec ses fournisseurs d’énergie, des contrats tout simplement sidérant et lésant complètement la Jirama. Le Premier ministre a tout simplement affirmé que les termes des contrats sont inacceptables et qu’il va falloir les revoir dans les plus brefs délais. La Jirama achète aux fournisseurs la puissance installée de leur centrale et non la puissance consommée. Une véritable arnaque qui a duré plusieurs années et qui a littéralement lessivé la Jirama dont le coffre est débité chaque mois de 45 milliards d’ariary. Soit presque le montant d’une subvention allouée par le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale. Autrement dit à l’année, la Jirama offre à ses fournisseurs de quoi rénover le réseau de distribution d’eau ou peut électrifier plusieurs villages voire construire des barrages hydroélectriques.
Le vol a duré longtemps sans que personne puisse le stopper. Le régime précédent a dénoncé le fait que la Jirama achète plus cher que le prix à la pompe son gazole mais sans sévir. Il est vrai qu’entre les gens du pouvoir, les fournisseurs et les cadres de la Jirama, on ne sait plus qui est le bon, la brute et le truand. Si la ponction publique a pu continuer pendant toutes ces années, c’est que tout le monde y a trouvé son compte sauf les pauvres abonnés de la Jirama qui paient également la puissance installée sans être approvisionnée.
Que va-t-il se passer, désormais, après cette déclaration sans concession de Christian Ntsay? Comment les fournisseurs vont réagir? Le Premier ministre a clairement souligné qu’il est normal que les fournisseurs dégagent du bénéfice mais pas de façon exorbitante et démesurée comme c’est le cas actuellement. Un fournisseur, le plus grand de surcroît, a déjà affirmé qu’il ne se soumettrait pas aux injonctions du Premier ministre. On se demande jusqu’où l’État peut aller dans ce bras de fer qui s’annonce pour sauver la Jirama et ses abonnés. Quels sont les moyens de l’État pour pouvoir faire fléchir les fournisseurs dont on connaît la puissance?
Le retour violent du délestage, économique, montre que les fournisseurs ne sont pas prêts à faire la moindre concession même si cela peut mener à une grave crise socio-économique. On n’était pas loin d’un black out total sur tout le pays. La Jirama n’a plus les moyens financiers pour payer les factures de fuel de ses fournisseurs. Ces derniers ont tout simplement décidé de ne plus livrer de nouvelles commandes.
Désormais, selon les instructions du Premier ministre, la Jirama paiera un tarif complet. Autrement dit, il ne paiera plus ni le carburant pour faire marcher les groupes ou les centrales, ni les réparations des groupes en panne. On s’étonne du fait qu’il n’en a pas été ainsi. À qui profite le crime?
Cela va supposer une hausse des tarifs du côté des abonnés mais la pilule sera moins amère à avaler quand on le prend dans une salle éclairée et avec un verre d’eau potable. La situation ne pourra pas être pire pour les abonnés de la Jirama. Cela fait longtemps qu’ils subissent les affres d’une situation de monopole. Il a fallu attendre l’arrivée de Christ…ian pour que l’espoir renaisse. Que la lumière soit faite autour de ces contrats, véritables marchés de dupes.

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