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Editorial

Débats et coups bas

Attention danger. La tension politique monte petit à petit ces derniers jours. Les ténors de l’opposition profitent des difficultés sociales pour accabler les autorités. Des émissions radiophoniques quotidiennes diffusées en simultané sur les ondes des stations d’obédience opposition, ne ménagent pas le pouvoir mélangeant fausse vérité et vrais mensonges. Une formule payante utilisée d’ailleurs par l’opposition d’une autre époque. Il n’y a aucune proposition de solution pour sortir le pays de cette mauvaise passe mais plutôt des critiques et des blâmes sur les actions du gouvernement. Si l’État a toutes les peines du monde pour présenter le Plan Émergence Madagascar, l’opposition n’a comme programme que des dénigrements et des désapprobations des initiatives du gouvernement.

Les débats volent ainsi très bas sur les ondes et dans les réseaux sociaux où les deux camps ne s’accordent pas le moindre cadeau. On finit par la diffamation et l’atteinte à la vie privée. C’est la preuve que les débats sortent du domaine social et politique et que les arguments de persuasion sont épuisés. Les bornes sont dépassées et on glisse dangereusement vers les agressions physiques individuelles.

Et le danger des réseaux sociaux c’est d’être difficile à contrôler voire d’être totalement libre. Ce qui n’est pas bon pour la sauvegarde de la paix sociale dans une période tendue. Jadis, la censure de la presse était instaurée pour éviter une guerre civile et préserver l’unité nationale.

Et comme tout renversement du pouvoir a commencé par un mouvement de rue depuis 1972, il faut toujours se méfier des rassemblements anodins, des grèves, des mouvements syndicaux même si à première vue, ils sont légitimes et n’ont pas de caractère politique. Très vite, quand les rangs des manifestants grossissent, le mouvement prend une autre allure. C’est la raison pour laquelle, tous les dirigeants préfèrent étouffer les éventuels foyers de tension qui n’en n’ont pas l’air, à la source.

Normalement pourtant ces gesticulations ne doivent pas constituer un danger si le pouvoir à des réponses appropriées aux problèmes socio-économiques qui prennent en tenaille la population. Mais quand l’eau, le riz, l’électricité, la sécurité, les médicaments, l’emploi… sont des denrées rares et inaccessibles, la population devient une proie facile à toutes sortes de manipulation. Pire, elle peut être à l’origine d’un mouvement spontané de révolte qui serait alors irrépressible. Il ne faut pas ainsi se tromper de combat et de cible. La pauvreté reste l’ennemi commun aussi bien du pouvoir que de l’opposition.

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